Interview : Hélène Chambaud

Bonjour à tous et à toutes.

Voici donc la deuxième interview que je vous propose, celle de l’auteure que j’ai eu le bonheur d’éditer : Hélène Chambaud. Une personne fort sympathique et à la plume légère et poétique. 😉

Photo d'Hélène Chambaud

Chrysalide, le recueil de nouvelles que nous venons de publier ensemble est sorti le 02 mai. Qu’est-ce qui vous a inspiré ces nouvelles ?

Couverture de Chrysalide

Chrysalide est venu comme une évidence. Cela fait maintenant deux ans que je me suis reconnectée à ma passion, l’écriture. Et au bout d’un an, comme une inspiration, j’ai eu envie d’écrire un recueil d’histoires courtes. L’idée qui a germé m’a fait entrevoir une trilogie démarrant par Chrysalide.

Comme pour tout recueil d’histoires courtes, on ne retrouve pas les personnages ni les décors en sautant d’une nouvelle à l’autre. J’avais plus envie d’instantanés de vies. De ces moments volés qui nous font rire, pleurer, sourire. Des petits clichés que l’on peut tous un jour rencontrer et qui trouveront écho en chacun de nous.

J’avais envie aussi d’un livre cocooning, qui fasse du bien à l’âme et au cœur.

Et je crois que c’est tout simplement ça qui m’a inspiré ce recueil.

Vous êtes une habituée des prix littéraires. Pouvez-vous en parler brièvement ? Quel est votre secret ?

Je n’ai pas de secret et je ne pense pas qu’il en existe. Ou peut être au pied des arcs-en-ciel, mais là, je laisse à chacun y trouver ce qu’il souhaite ! Je m’imprègne simplement du sujet et sans réelle réflexion préalable, je laisse mon inspiration me dicter une ambiance, une intensité… Sans prétention aucune, l’écriture vient de façon fluide et spontanée. J’aime écrire. J’ai toujours été baignée dans les mots, dans les livres. Dans les histoires qu’ils m’offrent et me susurrent. Alors à mon tour, j’ai laissé la porte ouverte et mon imaginaire s’y est engouffré. Simplement ! Et c’est toujours une surprise que de découvrir ce que les personnages ont voulu faire des décors que je leur ai bâtis. Comment ils s’affranchissent de ce qu’on a créé pour eux. Je me laisse emporter par la musicalité des mots et c’est un plaisir toujours renouvelé. Je découvre avec eux des univers foisonnants et toujours plus beaux.

L’enfant d’emprunt, votre premier roman est paru récemment chez Librinova. Pouvez-vous en parler un peu ?

Couverture L'enfant d'emprunt

L’enfant d’emprunt est un roman que je dois entièrement au concours Secrets de Famille de Librinova.

J’ai participé en me lançant ce défi l’an dernier.

Passer des nouvelles à l’écriture d’un roman me paraissait un peu fou, mais le sujet m’attirait. Il me semblait porteur, recelait de nombreuses évocations qui me parlaient.

Alors je me suis laissé tenter. Les personnages se sont laissé dompter. Les nœuds familiaux se sont très vite créés. Une jeune femme en quête d’un secret de famille dévoilé. Des touches de suspens étayant sa propre quête d’elle-même…

L’aventure a été palpitante. Ce n’est bien entendu pas le même exercice que le contexte très resserré de la nouvelle dans laquelle la chute se doit d’être précise et rapide. Dans le roman, on étaye les situations, les personnages. J’ai beaucoup aimé ces moments passés en tête à tête avec eux. L’aventure était extraordinaire. Elle aurait pu s’arrêter là, elle m’aurait comblé.

Mais lorsque j’ai su que j’avais été sélectionnée et que j’étais lauréate, recevant le 2e prix de ce concours qui me permettait la chance incroyable de voir l’Enfant d’emprunt publié, je n’ai d’abord pas pu le réaliser. Et pourtant si, ce bonheur est bien là. J’en suis ravie. Et j’avoue que ça me donne envie de prendre le temps de me repencher sur le clavier (pardon aux puriste de la plume…) pour recréer à nouveau un univers de papier…

 Il fait un beau départ. Vous attendiez-vous à ce succès ?

Je n’aurais jamais cru qu’un jour il existe en tant que tel et qu’il devienne autre chose que des pages blanches nervurées de noir au fond d’un disque dur d’ordinateur… Alors chaque retour que j’en ai est un vrai bonheur ! Il me permet de très beaux moments de partage notamment en dédicace et c’est sensationnel de pouvoir ainsi grâce à la sensibilité que l’on dévoile dans les pages toucher les gens.

J’en suis très émue et fière à chaque fois.

Peut-être un jour arriverais-je à me dire, oui, tu es auteur(e)…

Revenons sur Chrysalide. Avez-vous mis du temps à l’écrire ? Était-ce difficile d’accoucher de ces jolies nouvelles ?

J’ai cette chance incroyable de pouvoir écrire rapidement dès lors que je m’attelle à un sujet, une idée. Il m’arrive de glaner sur un petit carnet des jolies phrases que je peux entendre dans la rue, autour de moi. Et dans une ou deux histoires courtes, j’ai pu ainsi les mettre par écrit. Je ne saurais quantifier le temps exact, mais pour chaque petit récit je passe entre 1h30 et 2h00 d’intense écriture. Les mots s’enchaînent, virevoltent et m’entraînent dans leurs sillages… Le fait de me reconnecter à moi-même par l’approche de développement que j’ai entamé depuis quelques temps et qui s’est beaucoup développé par la pratique du yoga me permet de mettre en mots mes sentiments et mes sensations.

Vous avez écrit un autre livre, La Voix de la Terre, aux éditions Du Net. Lequel de vos trois livres avez-vous préféré écrire et pourquoi ?

Couverture La voix de la Terre

Je ne sais pas si je peux vraiment dire que j’ai eu une préférence d’écriture. L’exercice du roman qui me semblait totalement hors de portée au départ a peut-être été la plus porteuse. Exigeante aussi car il faut être très vigilent aux traits de caractère des personnages esquissés (ils savent nous rappeler à l’ordre), aux détails que l’on a distillés au fil des pages et dans lesquels il ne faut pas se perdre…

Edwige s’est dessinée au fur et à mesure et son évolution m’a plu à dépeindre. Je peux dire qu’on se ressemble sûrement un peu et j’aime ce que ce personnage de papier a su faire de sa vie.

Dans l’exercice de la Novella (genre littéraire intermédiaire entre le récit court, type nouvelle et le roman), j’ai aimé le rythme qui s’est très vite imposé à moi sur des chapitres courts et intenses à la fois. Les histoires s’imbriquent et s’emmêlent jusqu’à un final qu’il m’a plu de rendre plus contemporain et actuel.

La nouvelle ou le récit court est intéressant en recueil pour moi dans la perspective de cette trilogie que je souhaite mettre en place car j’aime aussi l’évolution de l’écriture, le fil conducteur sous-tendu d’histoires qui donnent juste des petites touches de vie parsemées çà et là. Comme il est écrit sur la 4e, « des histoires à grignoter comme un fruit d’été rafraîchissant et bien mûr ». Des histoires cocooning que l’on peut piocher au gré de ses envies…

Quels sont, selon vous, les ingrédients pour une histoire réussie ?

Je pense que prioritairement, il faut être vrai. Être en phase avec ce que l’on écrit. L’écriture recèle forcément de nous et il ne faut pas avoir peur de se dévoiler, de mettre sa sensibilité et ses émotions dans l’écrit. Cela ne veut pas dire que chacun des personnages est moi, mais il sera forcément un peu de moi à un moment ou un autre des instants de vie.

Ensuite, lorsque je me suis lancée dans l’écriture de l’Enfant d’Emprunt, je n’ai pas cherché à faire un livre. C’est-à-dire qu’à aucun moment je n’ai pensé qu’il serait cet objet dont je raffole, le livre papier, et encore moins qu’il serait lu, qu’il toucherait un public. Je ne me suis donc mis aucun frein dans les phrases employées ni dans la technique d’écriture. J’ai laissé parler les mots et mon cœur.

C’est peut-être juste ça l’ingrédient secret.

Ne pas chercher à faire. Juste être. Et donner un peu de soi au travers les lianes de mots que l’on trace.

Je suis d’ailleurs toujours étonnée des retours si positifs que l’on me fait. Et je suis heureuse d’avoir pu toucher au travers de mes phrases et de mes tracés.

Quel est l’auteur que vous aimez le plus ? Votre livre préféré ? Pourquoi ?

J’ai beaucoup d’auteur que j’affectionne particulièrement.

Ma sensibilité première s’est dirigée vers un iconoclaste de l’écrit, totalement inclassable et qui reste le seul auteur que j’achète en grand format, n’ayant absolument plus de mur vierge d’étagères de livres à la maison… Il s’agit de Bernard Werber. Ses sujets, sa vision de la vie et les éléments qu’il distille dans ses écrits sur sa propre évolution me correspondent et me font réfléchir toujours plus. Il me touche et me fait avancer moi aussi.

Mes goûts évoluent aussi en fonction des périodes. J’étais adolescente très portée sur les grands auteurs classiques Zola, Verne, Balzac, Flaubert… Puis j’ai bifurqué vers des auteurs d’action, de suspens et de romans historiques, Agatha Christie, Christian Jacq, Elisabeth Peters (m’inventant des mondes égyptiens fascinants), j’ai aimé aussi me plonger dans les actions trépidantes de Steve Berry et David Gibbins à la frontière entre histoire et légende.

Aujourd’hui, j’aime lire des romans qui me touchent, qui me font évoluer et depuis que je fais du yoga et de la méditation, j’aime me plonger dans ce que l’on appelle en bon français « feel good ». De ceux qui racontent juste que la vie est belle et que chaque instant peut être un petit bonheur. Alors dans cette veine, j’aime fureter doucement avec Saverio Tomasella, Virginie Grimaldi, Bruno Combes et surtout Laurent Gounelle qui a fait vibrer en moi une corde sensible qui était enfouie lors de la lecture d’un livre que j’affectionne particulièrement : Le jour où j’ai appris à vivre.

Je ne dis pas aujourd’hui que j’ai la prétention d’apporter aux lecteurs ce que ce livre m’a donné ni ce que tous les autres m’ont offert d’imaginaire et de beauté, mais si à modeste échelle, je peux juste partager avec eux un beau moment au travers de mes pages en noir, blanc et couleur, alors je serai ravie !

Voilà, j’espère que cette interview vous a plu !

Pour découvrir les livres de Hélène Chambaud, c’est par ici :

Chrysalide

L’enfant d’Emprunt

La Voix de la Terre

 

Interview publiée pour la première fois sur Overblog le 15 mai 2019.

Interview : Philippe Saimbert

Bonjour à tous et à toutes.

Voici la première interview ; pour laquelle je vous propose une rencontre avec un auteur auto-édité de talent (et de succès) : Philippe Saimbert.

Photo de Philippe Saimbert

Loin des fauves est votre dernier-né, puisqu’il est sorti en novembre 2018. Il s’agit, je crois, d’une histoire d’amour sur fond de militantisme écologique. C’est bien ça ?

Couverture de Loin des fauves

Tout à fait. Il y a longtemps que je voulais écrire une romance contemporaine. Qui plus est en abordant des thèmes qui me sont chers : la défense de l’environnement et la lutte contre la souffrance animale. L’héroïne se bat contre l’implantation d’un élevage industriel. Un combat qui va sceller son destin.

Ce roman tranche radicalement avec le genre feel good de vos deux derniers romans : 11 serpents, sorti en mars 2017 et L’héritage de tata Lucie. Est-ce volontaire ou bien allez-vous là où le vent/l’inspiration vous porte ?
Couverture de 11 serpents

En fait, j’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette romance. Car il s’agit d’un genre que je n’ai jamais abordé. Mais nous sommes quand même très éloignés de la romance avec un bad boy « bodybuildé ». Les protagonistes de cette histoire sont de grands romantiques, fragiles et extrêmes dans leurs sentiments. Surtout Lorina, l’héroïne. Et puis, ayant dû avec des riverains me battre contre l’implantation d’un élevage industriel dans mon village, ce combat m’a décidé à me lancer.

Votre plus gros succès à ce jour est L’héritage de tata Lucie qui s’est vendu à plus de 70 000 exemplaires ! Auriez-vous des conseils à donner à tous les auteurs qui rêvent de vivre un tel succès ?

Couverture de L'héritage de tata Lucie

Si je connaissais la recette du succès, je l’appliquerais d’abord à moi-même (rires). Tata Lucie a remporté plusieurs prix et s’est effectivement vendu à plus de 70.000 exemplaires (tous formats compris : numérique, poche, broché, France Loisirs). Certaines personnes – moi le premier – se demandent comment ce petit livre sans prétention a pu se vendre aussi bien. Je pense qu’il s’agit d’une œuvre tout public, abordant des thèmes universels : les histoires de famille et d’héritage. Et puis le genre humoristique fait souvent partie des best-sellers.

Tous vos livres brochés sont au prix imbattable de 9,99 € alors qu’il s’agit de A5. Traditionnellement, les romans de ce format sont plutôt vendus entre 15 et 20 €. Pourquoi ce prix de 9,99 € et pensez-vous que cela participe à votre succès ?

Depuis que je suis indé, j’ai toujours vendu – quand cela était possible – mes livres brochés à 10 €. Et pourtant, il s’agit de POD (impression à la demande) avec des coûts à l’unité assez importants. Avec la crise, un indé doit faire des concessions sur les prix. 10 € est un prix attractif pour un lecteur. Et je préfère vendre cent livres à ce prix que dix à 15€ et plus. Le calcul est vite fait.

Avez-vous toujours aimé écrire ? Cela vous est-il venu sur le tard ? En un mot, quel est votre parcours d’écrivain ?

J’ai surtout toujours aimé lire. De la BD quand j’étais jeune, puis des romans jeunesse. Je suis ensuite passé aux BD de super-héros puis aux récits adultes (tant en BD qu’en roman). Je suis très éclectique dans mes goûts. Cela se ressent dans mon écriture. J’ai écrit de la SF, du Thriller, de la comédie, de la romance, du Fantastique. Autant de genres que j’apprécie. J’ai débuté en tant que scénariste de BD chez Albin Michel et Delcourt. Et puis avec la crise de la BD, j’ai changé (non sans douleur) mon fusil d’épaule pour me lancer dans le roman. Le  succès de tata Lucie m’a conforté dans ma décision.

Quels sont, selon vous, les ingrédients pour un roman réussi ?

Les mêmes ingrédients que pour un bon scénario de film : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire. Et aussi… travailler la fin. On peut mal commencer une histoire, mais on ne peut pas se permettre de mal la finir. Personnellement, je n’aime pas les styles trop littéraires, ampoulés. J’aime les styles dépouillés, punchy. Bref, les styles dialogués. Ce n’est pas pour rien que je viens du scénario. J’aime à penser qu’on peut écrire des choses très belles avec des mots très simples.

Quel est le livre que vous avez préféré écrire et pourquoi ?

Couverture de Le fossile d'acier

Difficile à dire. Je les aime tous. Mais certains ont été plus faciles à accoucher que d’autres. Selon les genres que j’aborde. La romance a été douloureuse, mais j’adorais les personnages et les thèmes. Celui que je suis en train d’écrire est incomparablement plus simple pour moi. Il s’agit d’une nouvelle comédie qui va former un triptyque sur les histoires d’héritage avec L’héritage de Tata Lucie et 11 serpents. Parce que je suis très à l’aise avec les comédies et que je me marre souvent tout seul en écrivant les réparties. J’ai aussi adoré écrire Le fossile d’acier: un scénario destiné au cinéma. Une œuvre fantastique, noire, violente et crépusculaire qui, une fois novellisée, a dérouté mon lectorat, plus habitué à des œuvres plus légères. J’aime par-dessus tout être surpris par un film. Et bien entendu, je suis très sensible au twist final. Le plus cruel et éblouissant de tous étant celui du film Old boy. Une claque immense ! À réserver toutefois à un public très averti.

Qui est l’auteur que vous aimez le plus ? Votre livre préféré ? Pourquoi ?

Impossible de répondre à cette question. J’aime beaucoup d’auteurs. Alors je vais rendre hommage à ceux qui ont bercé mon enfance. Henri Vernes en priorité avec le cultissime Bob Morane. Un hommage également à Roger Bussemey pour sa BD Moky, Poupy et Nestor, injustement oubliée. Deux romans que je relis très souvent : La route de Cormac McCarthy et Les hauts de Hurlevent d’Émilie Brontë. Des œuvres dures, âpres, mais qui m’ont procuré le grand frisson. Pour le plaisir de la Madeleine de Proust: Cela fleurit pousse et se mange (Paul Cervières) et Le château du fol (Suzanne Rivière). Que celles et ceux qui connaissent n’hésitent pas à me contacter. Cela me ferait tellement plaisir d’évoquer ces belles histoires et non moins superbes illustrations.

 

Voilà, c’est tout pour cette première interview. J’espère qu’elle vous a plu.

Vous pouvez retrouver tous les livres de Philippe Saimbert sur Amazon et/ou aller découvrir son blog.

 

Interview publiée pour la première fois sur Overblog le 15 mars 2019.

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