Interview : Philippe Saimbert

Bon­jour à tous et à toutes.

Voici la pre­mière inter­view ; pour laque­lle je vous pro­pose une ren­con­tre avec un auteur auto-édité de tal­ent (et de suc­cès) : Philippe Saim­bert.

Photo de Philippe Saimbert

Loin des fauves est votre dernier-né, puisqu’il est sorti en novembre 2018. Il s’agit, je crois, d’une histoire d’amour sur fond de militantisme écologique. C’est bien ça ?

Couverture de Loin des fauves

Tout à fait. Il y a longtemps que je voulais écrire une romance con­tem­po­raine. Qui plus est en abor­dant des thèmes qui me sont chers : la défense de l’environnement et la lutte con­tre la souf­france ani­male. L’héroïne se bat con­tre l’implantation d’un éle­vage indus­triel. Un com­bat qui va sceller son destin.

Ce roman tranche radicalement avec le genre feel good de vos deux derniers romans : 11 serpents, sorti en mars 2017 et L’héritage de tata Lucie. Est-ce volontaire ou bien allez-vous là où le vent/l’inspiration vous porte ?
Couverture de 11 serpents

En fait, j’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette romance. Car il s’agit d’un genre que je n’ai jamais abor­dé. Mais nous sommes quand même très éloignés de la romance avec un bad boy « body­buildé ». Les pro­tag­o­nistes de cette his­toire sont de grands roman­tiques, frag­iles et extrêmes dans leurs sen­ti­ments. Surtout Lori­na, l’héroïne. Et puis, ayant dû avec des riverains me bat­tre con­tre l’implantation d’un éle­vage indus­triel dans mon vil­lage, ce com­bat m’a décidé à me lancer.

Votre plus gros succès à ce jour est L’héritage de tata Lucie qui s’est vendu à plus de 70 000 exemplaires ! Auriez-vous des conseils à donner à tous les auteurs qui rêvent de vivre un tel succès ?

Couverture de L'héritage de tata Lucie

Si je con­nais­sais la recette du suc­cès, je l’appliquerais d’abord à moi-même (rires). Tata Lucie a rem­porté plusieurs prix et s’est effec­tive­ment ven­du à plus de 70.000 exem­plaires (tous for­mats com­pris : numérique, poche, broché, France Loisirs). Cer­taines per­son­nes – moi le pre­mier – se deman­dent com­ment ce petit livre sans pré­ten­tion a pu se ven­dre aus­si bien. Je pense qu’il s’agit d’une œuvre tout pub­lic, abor­dant des thèmes uni­versels : les his­toires de famille et d’héritage. Et puis le genre humoris­tique fait sou­vent par­tie des best-sellers.

Tous vos livres brochés sont au prix imbattable de 9,99 € alors qu’il s’agit de A5. Traditionnellement, les romans de ce format sont plutôt vendus entre 15 et 20 €. Pourquoi ce prix de 9,99 € et pensez-vous que cela participe à votre succès ?

Depuis que je suis indé, j’ai tou­jours ven­du – quand cela était pos­si­ble – mes livres brochés à 10 €. Et pour­tant, il s’agit de POD (impres­sion à la demande) avec des coûts à l’unité assez impor­tants. Avec la crise, un indé doit faire des con­ces­sions sur les prix. 10 € est un prix attrac­t­if pour un lecteur. Et je préfère ven­dre cent livres à ce prix que dix à 15€ et plus. Le cal­cul est vite fait.

Avez-vous toujours aimé écrire ? Cela vous est-il venu sur le tard ? En un mot, quel est votre parcours d’écrivain ?

J’ai surtout tou­jours aimé lire. De la BD quand j’étais jeune, puis des romans jeunesse. Je suis ensuite passé aux BD de super-héros puis aux réc­its adultes (tant en BD qu’en roman). Je suis très éclec­tique dans mes goûts. Cela se ressent dans mon écri­t­ure. J’ai écrit de la SF, du Thriller, de la comédie, de la romance, du Fan­tas­tique. Autant de gen­res que j’apprécie. J’ai débuté en tant que scé­nar­iste de BD chez Albin Michel et Del­court. Et puis avec la crise de la BD, j’ai changé (non sans douleur) mon fusil d’épaule pour me lancer dans le roman. Le  suc­cès de tata Lucie m’a con­forté dans ma décision.

Quels sont, selon vous, les ingrédients pour un roman réussi ?

Les mêmes ingré­di­ents que pour un bon scé­nario de film : une bonne his­toire, une bonne his­toire et une bonne his­toire. Et aus­si… tra­vailler la fin. On peut mal com­mencer une his­toire, mais on ne peut pas se per­me­t­tre de mal la finir. Per­son­nelle­ment, je n’aime pas les styles trop lit­téraires, ampoulés. J’aime les styles dépouil­lés, punchy. Bref, les styles dia­logués. Ce n’est pas pour rien que je viens du scé­nario. J’aime à penser qu’on peut écrire des choses très belles avec des mots très simples.

Quel est le livre que vous avez préféré écrire et pourquoi ?

Couverture de Le fossile d'acier

Dif­fi­cile à dire. Je les aime tous. Mais cer­tains ont été plus faciles à accouch­er que d’autres. Selon les gen­res que j’aborde. La romance a été douloureuse, mais j’adorais les per­son­nages et les thèmes. Celui que je suis en train d’écrire est incom­pa­ra­ble­ment plus sim­ple pour moi. Il s’agit d’une nou­velle comédie qui va for­mer un trip­tyque sur les his­toires d’héritage avec L’héritage de Tata Lucie et 11 ser­pents. Parce que je suis très à l’aise avec les comédies et que je me marre sou­vent tout seul en écrivant les répar­ties. J’ai aus­si adoré écrire Le fos­sile d’acier: un scé­nario des­tiné au ciné­ma. Une œuvre fan­tas­tique, noire, vio­lente et cré­pus­cu­laire qui, une fois nov­el­lisée, a dérouté mon lec­torat, plus habitué à des œuvres plus légères. J’aime par-dessus tout être sur­pris par un film. Et bien enten­du, je suis très sen­si­ble au twist final. Le plus cru­el et éblouis­sant de tous étant celui du film Old boy. Une claque immense ! À réserv­er toute­fois à un pub­lic très averti.

Qui est l’auteur que vous aimez le plus ? Votre livre préféré ? Pourquoi ?

Impos­si­ble de répon­dre à cette ques­tion. J’aime beau­coup d’auteurs. Alors je vais ren­dre hom­mage à ceux qui ont bercé mon enfance. Hen­ri Vernes en pri­or­ité avec le cultissime Bob Morane. Un hom­mage égale­ment à Roger Busse­mey pour sa BD Moky, Poupy et Nestor, injuste­ment oubliée. Deux romans que je relis très sou­vent : La route de Cor­mac McCarthy et Les hauts de Hurlevent d’Émilie Bron­të. Des œuvres dures, âpres, mais qui m’ont procuré le grand fris­son. Pour le plaisir de la Madeleine de Proust: Cela fleu­rit pousse et se mange (Paul Cervières) et Le château du fol (Suzanne Riv­ière). Que celles et ceux qui con­nais­sent n’hésitent pas à me con­tac­ter. Cela me ferait telle­ment plaisir d’évoquer ces belles his­toires et non moins superbes illustrations.

 

Voilà, c’est tout pour cette pre­mière inter­view. J’e­spère qu’elle vous a plu.

Vous pou­vez retrou­ver tous les livres de Philippe Saim­bert sur Ama­zon et/ou aller décou­vrir son blog.

 

Inter­view pub­liée pour la pre­mière fois sur Overblog le 15 mars 2019.

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