Différencier prêt et près

Bonjour à tous et à toutes. Prêt et près sont deux homophones que beaucoup confondent. Ils ne veulent pourtant pas dire la même chose…

Deux grenouilles près l'une de l'autre.

Prêt

Il s’agit d’un adjectif qui s’accorde donc en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte (prêt, prêts, prête, prêtes). Il est souvent suivi de la préposition à et signifie être préparé, être disposé à.

Exemple : Il est prêt à passer en classe supérieure.

Prêt

Il s’agit d’un nom commun masculin qui désigne l’action de prêter ou l’objet ou la somme prêtée.

Exemple : La banque vient de leur accorder leur prêt.

Près

Il s’agit d’un adverbe, donc invariable, qui signifie à peu de distance (spatiale ou temporelle). Près est le plus souvent suivi de la préposition de.

Exemple 1 : Elle est près de la voiture.

Exemple 2 : Il ne tient plus : il est près de son anniversaire !

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Extrait 1 : Sortie du Tartare

Le mythe olympien

Sortie du tartare

Genre : Fantastique

Extrait 1 : Passage du chapitre 2.

Grotte

« Perséphone continuait à s’enfoncer dans les Enfers, sans se soucier de ce qu’il se jouait – ou pas – à l’extérieur. À chaque pas, son assurance s’affirmait. La damnation qu’elle avait infligée aux deux satyres lui avait fait du bien. Elle se sentait à nouveau reine en son royaume. Reine déchue à l’instar de son royal époux certes, mais reine tout de même.
Le couloir déboucha dans une immense caverne si haute qu’elle paraissait ne pas avoir de plafond, si grande qu’elle paraissait ne pas avoir de fin.
Deux statues de sphinges d’un basalte plus noir que du jais gardaient l’entrée. Assises, se léchant des plaies, elles avaient à l’évidence étaient battues. Pour les pousser à obéir aux nouveaux maîtres des lieux sans doute. Entendant arriver Perséphone, elles se redressèrent et grondèrent. Elle poursuivit pourtant sans peur. La reconnaissant enfin, elles aplatirent têtes et oreilles et continuèrent leurs grondements.
« C’est moi, dit leur ancienne maîtresse pour les rassurer. Par Hadès, que vous a-t-on fait ? N’ayez pas peur mes belles, je ne vous ferai jamais de mal. »
Puis, elle posa son index sur sa bouche pour leur indiquer de se taire. Les sphinges obéirent aussitôt et Perséphone les gratifia d’une caresse puis poursuivit sa route. »
© Marjolaine Pauchet
Si l’extrait vous a plu, pensez à le dire en commentaire. 😉
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Foires et salons, et c’est parti !

Bonjour à tous et à toutes. Tout d’abord, j’ai le plaisir de vous annoncer que la foire eco bio de Colmar s’est très bien passée. J’ai vendue pas moins de cent livres sur les quatre jours ! Un record ! J’ai doublé mon investissement, essence comprise. Comptez donc sur moi pour l’an prochain.

Foire Eco Bio d'Alsace 2022

Karima qui était là le samedi 28 comme prévu a très bien vendu son recueil. 😉

Question école, je n’en ai malheureusement pas visité d’autres. Deux en tout, ce mois-ci. Très peu donc. Mais pour un bon résultat. Le fait que je n’en ai pas visité d’autres était uniquement dû à un manque de temps. Il y avait la préparation de la foire, il y a la sortie des deux prochains livres, sans compter que je déménage ce mois-ci. Rien d’aussi spectaculaire que la dernière fois cependant. Nous restons dans le secteur de Saint-Dié-des-Vosges. Nous allons habiter à Taintrux. Nous devenons propriétaires. Nous recevons les clés à la fin de la semaine. Autant dire que nous avons hâte tous les deux et qu’en plus de l’écriture, de la maison d’édition et du reste, il faut faire des cartons, faire des cartons, faire des cartons…

La peau neuve du site de la maison d’édition n’aura pas duré longtemps, car il se métamorphose à nouveau. Et c’est toujours en cours. Ne m’en veuillez donc pas s’il n’est pas optimal ces jours-ci. Ce n’est que provisoire. D’ailleurs, en parlant de site, vous avez dû voir très peu d’articles postés sur le mien en mai. Mea culpa. Là encore, c’était par manque de temps. Mais je compte bien reprendre un rythme normal dès ce mois-ci (sauf empêchement dû au déménagement).

Mon nouveau roman Sortie du Tartare s’écrit très bien, quand j’en ai le temps. Car là encore, ce n’est hélas pas toujours le cas. Quoi qu’il en soit, j’en suis déjà au chapitre 4. Pour un résumé rapide, l’histoire se passe de nos jours. Les dieux grecs en ont assez de ne plus être vénérés et ont décidé de reprendre leur place. Bien sûr, c’est un chouille plus compliqué, mais cela reste un bon résumé. J’ai d’ailleurs d’ores et déjà posté un extrait sur ma page Facebook d(‘autrice. Pour info, ce passage se trouve au début du chapitre 2.

Le contrat pour le roman de fantasy dont je vous parlais la dernière fois a été signé et j’espère toujours pouvoir le sortir d’ici la fin de l’année. Début octobre serait bien afin de l’avoir pour le Festival de Géographie de Saint-Dié, un salon du livre qui a lieu tous les ans à cette période et que je compte faire cette année. Titre provisoire : L’entre-deux-mondes. Autrice : Océane Pesnel. Je souhaiterais modifier le titre, car il existe déjà un autre roman avec un titre très proche. J’ai donc peur d’une confusion par les lecteurs.

En parlant de mes auteurs et autrices justement, ça y est, à quelques exceptions, je les lance tous dans les dédicaces… Ainsi, Aurore Buisson aura sa première dédicace dans vingt jours dans une librairie indépendante de Limoges. J’ai hâte.

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Foix, fois, foie, foi

Bonjour à tous et à toutes. La langue française est riche d’homophones. En voici quatre que vous connaissez sans doute, mais qu’il est bon de rappeler.

Ville de Foix

Foix

Avec un x, il s’agit de la ville de Foix, préfecture de l’Ariège (09), dans le Sud-Ouest de la France.

Exemple : Il fut un temps où le comté de Foix dominait toute la région.

Fois

Avec un s, il s’agit d’un nom féminin qui marque par exemple la fréquence. C’est le fois qu’on retrouve dans une fois, deux fois ou dans il était une fois.

Exemple : Il a sonné trois fois, mais n’a obtenu aucune réponse.

Foie

Avec un e, il s’agit d’un nom masculin qui désigne un organe chargé de filtrer le sang et de réguler la glycémie.

Exemple : Il a trop mangé de chocolat, il va se retrouver avec une belle crise de foie !

Foi

Sans lettre finale muette, il s’agit d’un nom féminin qui signifie croire en quelque chose ou en quelqu’un.

Exemple : Rien ne peut l’atteindre, il a une foi inébranlable en l’avenir.

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Un jour de guerre…

Genre : nouvelle canine

Copyright Marjolaine Pauchet

Un chien

Un jour de guerre…

 

Un jour de guerre, un chien doux et gentil s’en alla sur la route avec sa famille. Personne ne riait, personne ne souriait. Devoir quitter son monde, son univers, sans savoir de quoi demain sera fait ou s’il y aura un demain a cet effet là sur les gens. Le chien sentait l’angoisse et la profonde tristesse qui emplissaient les cœurs de ceux qu’il aimait. En miroir, il se mit à les exprimer aussi et avançait, sage, aux pieds de son jeune maître. Ignorant ce qu’était la guerre, il était prêt à défendre de sa vie s’il le fallait celle de ceux qu’il chérissait.

Le trajet se passait, las de tout, des pas monotones, de la peur, de la route, de la fatigue même, des douleurs aux pieds et aux pattes, de la bêtise qui caractérise cette espèce qui pourtant met en exergue son intelligence comme ultime distinction avec le reste du vivant. La bêtise qui conduit à la guerre, la guerre qui entretient la bêtise et fait naître la haine là où elle n’était pas. Chaque pas était plus lourd que le précédent, plus douloureux. La maman portait son dernier pour lui éviter les milliers de petites foulées qui misent bout à bout brûlent les pieds. Pour aller plus vite, aussi. La guerre crée cette bêtise qui consiste à aller vite nulle part. Ou plutôt à partir vite de quelque part qu’on aimait…

Plus encore que son territoire, le chien aimait sa famille. Elle était son univers à lui. Alors tant qu’il était là, près d’elle, près d’eux, il se sentait rassuré.

Un jour de guerre pourtant alors que la famille et le chien, toujours, étaient sur la route, à marcher comme seule et unique activité, une bombe éclata non loin. Tous se couchèrent de peur. Le bruit fut tel que le chien, plus terrifié encore que ne l’étaient ses maîtres s’enfuit. Il ne pensait pas à mal, se mettre à l’abri, voilà tout. Puis revenir auprès de sa famille une fois le danger passé. Depuis longtemps il savait que les humains ne sentent pas les dangers comme lui. Le garçonnet voulut rattraper son meilleur ami.

« Reste-là ! » lui dit son père en l’attrapant et en le maintenant au sol. Le garçonnet pleura. Non pas par peur des bombes ou de la mort : il savait à peine ce que ces mots voulaient dire. Non, il pleurait pour son meilleur ami, parti loin, parti. Son meilleur ami qui sans doute ne saurait pas se cacher.

Après quelques minutes, la famille se releva. Le garçonnet appela son chien, en vain. Le papa, à la voix plus forte et qui portait plus loin appela à son tour. Il n’eut pas plus de chances. Devant son fils qui pleurait toujours, il demanda au reste de sa famille d’avancer. Lui partirait à la recherche du chien apeuré. Mais la maman refusa. C’était trop dangereux, pas question pour eux de se séparer. Il fallut expliquer au petit garçon dont les larmes abondantes et les lourds sanglots ne cessèrent pas de tout le trajet qui avait repris.

Comme il se l’était promis, le chien revint là où il avait laissé les siens sitôt le danger passé. Mais où étaient-ils ? Partis ? Sans lui ? Impossible. Seul le danger avait pu les forcer à fuir plus loin. Il n’avait aucun doute là-dessus. Ils l’aimaient, autant que lui les aimait.

Quelques jours de guerre plus tard, la petite famille passa la nuit dans une auberge. Le couple qui la tenait, aimable, était aux petits soins pour la gentille famille jetée sur les routes par la peur. De tendres sourires et de petits riens qui réchauffent le cœur en guise de réconfort, ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient. Le peu qu’ils avaient, c’était de bon cœur qu’ils le partageaient. Face à la mine défaite du petit bonhomme, la dame, d’un certain âge déjà, avait tâché de le réconforter en lui parlant de paix et de jours prochains, heureux. C’est alors qu’il lui avoua que ce n’étaient ni ses amis d’école, ni sa maison, ni son quartier qu’il pleurait, mais son meilleur ami, son chien. Fidèle déjà avant sa venue au monde, fidèle encore lorsqu’il était au berceau, le veillant et le protégeant comme un second père, fidèle ensuite pour jouer avec lui, jamais las de ces instants complices, jamais avare de son amitié.

L’enfant s’endormit pour la nuit, l’âme lourde toujours, de cette chaîne qui pèse et retient auprès des êtres chers. Au matin, il annonça avoir rêvé de son chien. La maman, désolée, tenta encore de le consoler, sachant cependant que rien n’y ferait, que seul le temps atténuerait quelque peu la peine. Puis vint l’heure du départ. Une nouvelle journée de route s’annonçait. C’est alors qu’ouvrant la porte, l’aubergiste découvrit sur son pas, le chien couché là. Sitôt il s’éveilla et se leva, sitôt il aboya de joie et sauta au cou de son jeune maître qui n’avait jamais autant ri ni était aussi heureux. Il ne comprenait pas comment son ami adoré avait pu arriver là. Il était tout prêt à penser que son papa était allé le chercher pendant la nuit au mépris du danger.

Mais non. Les retrouvailles passées, alors que le chien battait toujours de la queue dans les bras de son meilleur ami, la dame qui les avait accueillis avec son mari lui expliqua qu’« un chien n’abandonne jamais, même en temps de guerre, il retrouve ceux qu’il aime grâce à son flaire. Un chien n’abandonne jamais. »

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Foire EcoBio de Colmar

Bonjour à tous et à toutes. Je n’ai pas grand chose à vous annoncer ce mois-ci. Mais je dois dire que ce que j’ai est intéressant. J’ai inscrit ma maison d’édition à la foire EcoBio d’Alsace qui se tiendra à Colmar les 26, 27, 28 et 29 mai à la foire expo. Ce sera la première fois que j’irai, mais j’en ai de bons échos et il faut que je travaille ma visibilité.

Foire EcoBio d'Alsace à Colmar

Il n’y a plus qu’à croiser les doigts. La place est relativement cher (très cher pour moi, très abordable suivant les critères du secteur), donc c’est du quitte ou double. Le samedi 28, Karima Manaa qui a écrit Ombres et lumières en poésie sera avec moi sur le stand. J’ai l’impression que c’est une nouvelle aventure qui commence. Où cela va-t-il me mener ? C’est une bonne question.

Je reprends progressivement le chemin des écoles. J’en ai une à visiter en fin de semaine. Je dois en contacter d’autres, prendre d’autres rendez-vous. J’espère que la série noire dont je vous parlais la dernière fois est passée.

Le site de la maison d’édition a fait peau neuve sous les conseils de la personne qui m’aide dans ma com’. Pour autant, tout n’est pas fait, mais j’ai retrouvé toute ma motivation et me sens à nouveau la force d’en découdre pour propulser ma petite entreprise. J’ai d’ailleurs rencontré la semaine dernière un autre éditeur, par le plus grand hasard, lors d’une dédicace. Pas un gros éditeur, non, un petit, quoique sans doute avec une entreprise un peu plus développée que la mienne. Nous nous sommes promis une aide mutuelle (partage de connaissances, de bons procédés, d’adresses dans nos départements respectifs (il est en Alsace)) et nous devons d’ailleurs nous recontacter cette semaine.

J’ai été aussi ravie de voir que si mon nouveau conte Anna et le jardin de Mme Suzanne, sorti comme prévu le 12 avril, avait du mal à se lancer sur Internet, les lecteurs sont au rendez-vous en dédicace. Côté écriture, j’ai décidé de mettre en pause ma série Ultimate et de commencer l’écriture de Sortie du Tartare, premier tome de ma série Le mythe olympien. Et quelle joie, quel bonheur ! Il s’écrit presque tout seul. J’ai eu du mal à m’arrêter d’écrire ce matin pour me consacrer à ma maison d’édition. C’est dire ! :’-D J’étais un peu inquiète, il est vrai, lorsque j’ai pris la décision de mettre Ultimate en pause pour commencer Sortie du Tartare. Allais-je retrouver mes idées sur ce roman qui me trotte dans la tête depuis si longtemps ? Allais-je arriver à l’écrire, à trouver l’angle d’attaque ? Je n’étais sûre que d’une chose, je ne voulais pas faire le forcing plus longtemps sur Ultimate. Je voulais laisser décanter pour que la solution vienne en son heure. J’ai donc commencé mes recherches sur la mythologie grecque. Moi qui ai toujours aimé ça, cela m’a remis une foule de choses en tête que j’avais oubliées. J’en ai appris d’autres et combien d’idées trouvées pour mon roman ! Combien de pistes ! de personnages que je n’avais même pas pensé à faire intervenir. Cela rendra à coup sûr l’histoire plus riche et j’espère meilleure ! Le comble, c’est que c’est en quittant (pour mieux y revenir plus tard) Ultimate, que des idées ont commencé à me venir pour le tome 1. Preuve que c’était bien la chose à faire. Me voici donc embarquée de plain-pied dans Le mythe olympien, série de deux romans fantastiques. Je vais essayer d’écrire vite le premier tome, car je ne veux pas laisser mes fans sans un nouveau roman trop longtemps et j’espère donc sortir ce premier volet pour 2023.

Mais ce n’est pas ma seule nouvelle côté romans : j’ai peut-être trouvé – enfin – oserai-je dire, un roman à éditer. De la fantasy. Je ne vous en dit pas plus sur ce point, car rien n’est encore fait, rien n’est encore signé. Le contrat d’édition est en discussion avec l’autrice. Je suis confiante : on est toutes les deux motivées par l’aventure. Pour autant, je ne préfère pas m’emballer. Si tout se passe bien et que le contrat est signé, je vais tenter une édition pour le quatrième trimestre. Chose compliquée sans doute, car le roman est très gros et que cette édition va donc coûter cher.  J’anticipe d’ores et déjà sur le plan financier. Nous verrons.

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Envie et envi

Bonjour à tous et à toutes. Beaucoup ne s’en doutent pas, mais ne pas mettre de e à envie n’est pas toujours fautif. Et si c’était mettre le e qui pouvait l’être ?…

Champ de fleurs

Ça y est, je vous ai intrigué ? Oui, vous avez bien lu, il arrive qu’il faille écrire envi et non envie. en fait, soyons clair, il n’y a pas trente-six cas, il n’y en a qu’un.

À l’envi

L’expression à l’envi est une locution adverbiale qui ne prend jamais de e. Ici, envi vient de l’ancien français provocation, envier. À l’envi signifie à qui mieux mieux.

Exemple :  « Tous deux marchent à l’envi à travers mes plus belles plantes. » Alphonse Karr (1808-1890)

Envie

Dans tous les autres cas, on emploiera envie, avec un e. Le mot envie est un nom commun féminin synonyme de désir.

Exemple : Elle a envie d’un sorbet à la framboise.

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La lignée de Mater : des traits et des mots

Genre : Nouvelle historique

Copyright Marjolaine Pauchet

Plage de galets

La lignée de Mater :

Des traits et des mots

(tome 9)

Thobée est triste. Il voudrait être prêtre, consacrer sa vie à la réalisation de peintures ou d’œuvres d’art destinées à faire le lien entre les mortels et les dieux. Mais son père en a décidé autrement. Il est convoyeur de bétail et de marchandises. Il va, d’un village à l’autre, d’une vallée à l’autre pour échanger ce dont les habitants ont besoin. Thobée, déjà, marche avec lui, jour après jour.

Des panses ficelées, colorées par deux. Une rouge pour Colob, une rouge pour lui, une beige pour Bighréat, une beige pour lui. Une jaune pour Sulidas, une jaune pour lui. Dans chacune, des galets, chacun correspond à une tête de bétail, un épi de blé, une lame de hache… Quoi qu’on lui ait confié, cela peut se compter en galets. Thobée déteste ça. Même à prendre de petits galets pour économiser les panses et les lanières, elles finissent toujours par céder.

Et puis les marches interminables par tous les temps, les prédateurs aux aguets à toujours déjouer le lassent plus qu’il ne saurait le dire.

Pourtant, son rêve ne sera pas sa vie. Sa vie, c’est son père qui en décidera. Il ne lui vient pas l’idée de voir les choses autrement. De les faire autrement encore moins. Alors il dessine dans sa tête toutes les belles choses qu’il voit en marchant. Le soir au coin du feu, son doigt ou un bout de bois lui servent à leur tour de pinceau pour enivrer la terre des beautés croisées durant la journée ou bien nées dans son esprit. Son père s’en désole et s’en agace. Thobée n’est pas attentif. À toujours vivre dans sa tête, il ne prend pas garde à la chèvre qui s’éloigne du troupeau ou au mouvement suspect dans les fourrés.

L’autre jour, il a glissé et a failli se casser la jambe parce qu’il ne regardait pas où il allait. Qu’est-ce que son père aurait alors fait d’un fils boiteux ? Thobée doit grandir dans sa tête avant de partir seul sur les chemins. C’est une certitude. Pour tous.

Ce matin-là, alors qu’ils amènent des chèvres dans l’autre vallée et qu’ils ont tous deux bivouaqué auprès d’un cours d’eau, Thobée réunit les affaires tandis que son père compte les bêtes. Au moment même où il prend la panse, celle-ci se déchire et libère son précieux contenu. La plupart des galets s’écrasent lourdement au sol, mais d’autres tombent dans l’eau ou y roulent tout droit. Thobée n’a le temps d’en rattraper aucun. Comment faire ? Combien sont perdus ? Il plonge les bras dans l’eau fouille la vase, en retrouve trois. Et les autres ? Son père sera furieux. Sans compter que la panse est irrécupérable. Thobée visualise encore et encore le moment fatidique dans sa tête afin de savoir combien de galets sont perdus. Trois, cinq, sept ? Rien à faire, il ne parvient pas à s’en souvenir. Il les a pourtant compter hier. Il ferme les yeux, les recompte en esprit.

Puis, une idée lui vient : il décide de dessiner les galets un à un. Ou bien les chèvres peut-être ? Non, les galets, ce sera plus simple. Celui qui avait cette belle couleur rouille, celui d’un gris pur et uni, celui qui avait la forme d’un pétale de fleur, celui qui avait… Oui, tous les galets lui reviennent ainsi en mémoire et alors que son père arrive pour lui demander de confirmer le nombre de bêtes, Thobée jette un œil au sol, compte les dessins de galets : quatorze !

Mais son père n’est pas dupe. Pourquoi regarde-t-il le sol et pas dans la panse ? Thobée montre ce qu’il reste du vieux sac déchiré et explique. Il est sûr de lui, il y avait quatorze galets en tout et donc quatorze chèvres. Pourtant, son père ne veut rien entendre. Comme prévu, il est furieux. Ces jolis dessins ne remplaceront pas les galets. Thobée doit faire plus attention.

Ils repartent dans un silence lourd de reproches. Par chance, le père de Thobée a bien réuni quatorze chèvres. Mais le jeune garçon va devoir grandir et abandonner une bonne fois pour toute ses idées de dessins.

Arrivés dans la vallée, ils échangent les animaux contre deux cents épis d’un beau blé bien jaune, puis repartent dans l’autre sens. Deux cents épis. Donc deux cents galets… Et lorsqu’ils sont de retour auprès de l’ancien propriétaire des chèvres, le père de Thobée explique. La panse était vieille et n’a pas tenue. Mais il y en avait quatorze, il s’en souvient, il en est sûr ! L’homme a bien quatorze galets dans sa propre panse, mais il y a un petit trou sur le côté. Des galets sont peut-être tombés. Il affirme qu’il y en avait quinze. Thobée et son père savent que cet homme ment. Mais comment le prouver sans les galets. Ils s’étaient entendus sur douze épis de blé par chèvre. À présent, c’est douze épis de blé en moins pour eux.

La colère du père de Thobée contre son fils revient. À défaut de pouvoir s’en prendre à l’homme, il s’en prend à Thobée qui a perdu les galets.

Thobée, ce soir-là, mangera et dormira à l’écart. Seul, pensif, il dessine au sol. Sa tête est pleine de galets, pleine de cornes à compter, de pattes à dénombrer. Alors, machinalement, sans y penser, il représente des cercles et des traits.

Un trait, une patte, une corne. Un trait, un. Un trait, un. Les mots martèlent son esprit jusqu’à ce qu’ils ne veuillent plus rien dire. Les traits s’alignent, se multiplient. Il lui faudra la soirée pour que lui vienne l’idée d’associer un sens aux traits qu’il dessine. Plus de galets, mais des tablettes d’argile pour inscrire les comptes, tenir les registres. Thobée vient d’inventer l’écriture. Bientôt les linéaires A, puis B. Désormais, les lointains descendants de Mater pourront écrire leur propre histoire.

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Écoles et maison d’édition, refonte

Bonjour à tous et à toutes. Je n’ai pas beaucoup d’actu pour vous ce mois-ci… Pour commencer, j’ai ralenti la fréquence à laquelle je vais visiter des écoles. La faute à une série noire qui m’a mis un vilain goût amer dans la bouche.

Chouette école

Je sais que cela ne va pas durer et que tout ne peut pas aller tout le temps comme sur des roulettes. Pour autant, j’ai décidé de ralentir, le temps de digérer cette vilaine série, de la laisser passer, pour revenir plus efficacement par la suite.

Question efficacité, justement, un jour de vague-à-l’âme, je suis allée sur un forum pour entrepreneurs afin de savoir comment les autres géraient leur épuisement psychologique qui ne manque pas de survenir de temps à autre quand on pilote une entreprise. Une des personnes à m’avoir répondues lance sa propre entreprise dans le domaine de la com’ : elle aura pour objectif d’aider les entrepreneurs et auto-entrepreneurs à comprendre et améliorer leur com’ et leur marketing. Elle m’a proposé de m’aider gratuitement en échange d’un retour sur expérience afin de préparer au mieux les offres qu’elle proposera à ses clients. Bien sûr, j’ai dit oui ! Et pour que l’échange soit un peu plus équitable (il me paraissait beaucoup plus en ma faveur qu’en la sienne), je lui ai proposé de corriger son site lorsqu’il sera au point. Elle a dit oui aussi. 😉

Bref, cela implique que je suis en train de retravailler le site de la maison d’édition. J’ai changé de thème ce week-end et je suis toujours en train de le peaufiner. Pour l’instant, il reste encore beaucoup à faire dessus. Mais cela avance. Ne vous étonnez donc pas si vous le découvrez différent la prochaine fois que vous irez le voir. J’ai pensé aussi changer un peu mon blog. Mais pas tout de suite. Je donne la priorité au site de la maison d’édition. Quoi qu’il en soit, ne vous étonnez pas de voir quelques changements au cours des prochaines semaines.

Côté romans, j’ai fini le recopiage de Guerre universelle. Pour ce qui est du tome 1, que je pense toujours laisser tomber, j’hésite entre les flash-back et une première partie à Guerre universelle. D’ailleurs, il se pourrait que je change le titre. Mais je n’ai pas encore d’idée là-dessus. Côté romans à éditer, je suis sur la lecture d’un bon manuscrit. Espérons qu’il le sera jusqu’au bout…

Quant à mon conte Anna et le jardin de Mme Suzanne, il sort comme prévu le 12 avril et est déjà disponible à la précommande si cela vous intéresse.

Anna et le jardin de Mme Suzanne

Enfin, Ombres et lumières en poésie de Karima Manaa est sorti comme prévu le 12 mars. Les amis de l’autrice ont bien accueilli le livre ce qui lui a offert une sortie meilleure que ce que j’aurais pu espérer, compte tenu du fait qu’il s’agit de poésie contemporaine, un genre qui n’est pas très sollicité par les lecteurs.

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Ou et où

Bonjour à tous et à toutes. Quand faut-il un accent à ou ? Ce n’est pas compliqué et pourtant beaucoup se trompent… Voilà de quoi ne plus faire l’erreur.

Du houx

Ou

Il s’agit d’une conjonction de coordination qui présente une alternative. On peut le remplacer par ou bien.

Exemple : Veux-tu de la confiture ou du sucre sur tes crêpes ?

Avec un accent, il s’agit d’un adverbe ou d’un pronom relatif qui marque le lieu. Il peut interroger sur le lieu, la direction, marquer le temps…

Exemple : est parti Untel ?

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La lignée de Mater : Les dons de la Terre-Mère

Genre : Nouvelle historique

Copyright Marjolaine Pauchet

l'agriculture

La lignée de Mater :

Les dons de la Terre-Mère

(tome 8)

Egram et Kar regardent les graines posées au sol. Quel dommage de laisser cette nourriture. Touf est mort hier soir. Une chasse qui a mal tourné. Le pauvre a agonisé pendant trois jours. Egram et Kar sont restés à ses côtés, lui tenant la main jusqu’au bout.

À présent que Touf est mort et enterré, ils ne sont plus que trois. Egram, Kar et leur fille Damaé qui n’a que quelques lunes. De leur clan, il ne reste qu’eux. La Terre-Mère n’a cessé de les punir ces derniers temps. Elle a commandé à leurs esprits de la rejoindre les uns après les autres. D’abord se fut Kya, le fils du chef, dont l’esprit écouta le commandement de la Terre-Mère. Puis chacun, mères, pères, enfants, anciens… Tous et toutes. Qu’est-ce que la Terre-Mère peut bien leur reprocher ? L’un d’eux mourra-t-il encore ?

Cette question trouvera sa réponse en son heure. Ils regardent les graines au sol. Ils ne prendront rien, que leur fille déjà dans les bras de sa mère. Quel dommage, tout de même, de laisser cette nourriture. Qu’importe, il faut partir. Bientôt, le froid envahira la vallée, le gibier se fera rare et les plantes encore plus. Damaé ne survivra pas. À deux, ils ne sauront pas la protéger du froid, de la faim et des prédateurs s’ils restent ici. L’amour, parfois, ne suffit pas. Alors pour sauver leur enfant, ils laissent tout, conscients de la route, longue, sans doute, qu’ils ouvrent devant eux.

Six mois passent.

Les jours rallongent, les températures grimpent, le soleil arrose tout de ses rayons et le monde redevient vert à perte de vue. Egram, Kar et Damaé sont de retour. Là où ils ont jadis laissé ces quelques graines, des plantes ont poussé. Egram les regarde. Elles sont de la même espèce que celles dont provenaient les graines. Après quelques jours de réflexion, elle offre sa conclusion à son compagnon : pour elle, se sont les graines qu’ils ont laissées là avant leur départ qui sont à l’origine de ces plantes. Kar éclate de rire. Pour lui, cette idée est absurde. Pourtant, Egram sait qu’elle a raison. Elle connaît les plantes. Elle sait depuis longtemps que parfois, la terre nue reste nue, tandis que d’autres fois, elle se pare de mille teintes de verts. Pendant si longtemps elle s’est demandée pourquoi… Ce serait donc ça, la réponse ? Oui. Elle y croit.

Mais toute la plaine est verte. Toute la plaine est couverte de fleurs, de plantes, etc. Pour Kar qui voit la multitude, le fait qu’à cet endroit, ce soit cette espèce qui ait poussé est le fruit du hasard ou la volonté de la Terre-Mère. Rien de ce que peuvent les descendants de Mater ne changera ça.

Lorsque le temps des graines est revenu, Egram choisit une terre nue pour y planter celles qu’elle a prises. Et voilà qu’après quelques jours, des pousses sortent de terre. Kar n’en croit pas ses yeux. Se pourrait-il qu’Egram ait raison ? Si oui, alors il entrevoit déjà un avenir radieux pour sa petite famille. Un avenir où la faim n’existerait plus. Mais le soleil est bien trop fort et la pluie ne vient pas. Les petites plantes ne résistent pas. Egram est déçue. Elle sait depuis longtemps que trop de chaleur et pas assez d’eau font jaunir la plaine et dépérir les plantes. Comment faire ? Elle s’en veut d’avoir cru pouvoir ravir à la Terre-Mère son pouvoir de vie. Et voilà qu’Elle se charge de la remettre à sa place.

Pour supporter la chaleur, la petite famille se rapproche de la rivière. Il y fait plus frais et surtout, ils espèrent y trouver encore de l’eau. Enfin arrivés, Kar s’agenouille devant le cours, y plonge les mains, les joints pour y puiser de l’eau et mène le bienfaisant liquide jusqu’à sa bouche. Une fois, deux fois. Alors qu’il étanche sa soif, une idée lui vient : peut-être pourrait-il étancher de même la soif des plantes. Mais comment transporter l’eau ? Dans la panse d’aurochs qui sert déjà de besace, peut-être ? Oui ! C’est une idée ! Et Egram et Kar, tous deux, vont arroser des plantes qui survivent encore.

Quelques jours plus tard, la flore ainsi abreuvée est redevenue verte et vigoureuse. Cependant, au milieu de la plaine jaune, ce vert attire les herbivores qui ont tôt fait de manger le fruit du labeur de Kar et Egram.

Cependant, tous deux n’ont pas dit leur dernier mot. Ils abreuvent à nouveau certaines plantes et montent la garde à tour de rôle. C’est épuisant.

Il va falloir rester longtemps. Il va falloir tenir l’hiver lorsqu’il sera là. Il va falloir rester pour que la détermination du couple paie enfin. Alors ils construisent leur abri juste à côté. Et quitte à rester, à mesure que les jours décroissent, ils plantent des pieux de plus en plus solides dans le sol pour tenir la peau qui leur sert de toit. Des pieux, mais quelle idée ! Et pourquoi ne pas les disposer autour de ce petit carré de terre qu’ils veulent protéger ? Cela effaroucherait peut-être les animaux ? Non ? Et pourquoi ne pas disposer des bâtons à l’horizontal entre chaque pour bloquer le passage des herbivores ?

Au fil du temps, Egram et Kar seront aidés par Damaé, puis par celles et ceux qui les rejoindront. En ayant inventé l’agriculture, Egram a ouvert une porte à la lignée de Mater. Pour que cette invention ne soit pas vaine, il a fallu inventer sitôt la sédentarité et une autre porte s’ouvre.

De bonnes choses ? Pas sûr. Question de point de vue… Car dès lors, la lignée de Mater augmentera de façon considérable sa démographie. Dans le même temps, l’espérance de vie de ses représentants se réduira drastiquement et elle découvrira les conflits, puis les guerres. Avec l’avènement des premiers villages, viendront les premières épidémies. Mais pour l’heure, Kar et Egram sont juste fiers du cadeau qu’ils font à Damaé : la sécurité alimentaire.

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Futur : le e devant le r de la terminaison

Bonjour à tous et à toutes. Nombreuses sont les personnes qui hésitent : quand faut-il mettre, au futur,  un e devant le r de la terminaison ? Vous verrez que la règle est très simple.

marcher et se soutenir

Terminaisons du futur

-rai
-ras
-ra
-rons
-rez
-ront

Pour tous les verbes réguliers, on forme le futur en ajoutant sa terminaison au verbe à l’infinitif. Quand l’infinitif se termine par un e, alors on enlève ce e.

Exemple A : Prendre => je prendrai, tu prendras, il, elle, on prendra, nous prendrons, vous prendrez, ils, elles prendront. Ici, le e final a sauté au profit de la terminaison.

Exemple B : Je prendrai des fruits chez le maraîcher.

Il n’y a donc pas de e avant le r de la terminaison.

Cependant, les verbes du premier groupe faisant leur infinitif en -er, cet infinitif est conservé et le r final est remplacé par celui de la terminaison du futur. Ainsi, dans le cas des verbes du premier groupe, on retrouve bien un e avant la terminaison du futur. Il s’agit du e de l’infinitif du verbe.

Exemple : Nous marcherons ensemble et nous nous soutiendrons l’un l’autre.

Marcher est un verbe du premier groupe. Il conserve son e. Soutenir est un verbe irrégulier du troisième groupe. Il ne possède donc pas de e au futur.

À retenir : Au futur, seuls les verbes du premier groupe ont un e avant le r de la terminaison.

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La cédille

Bonjour à tous et à toutes. Je vois çà et là des cédilles fleurir où il ne faut pas. Voici donc un bref rappel sur la prononciation du c et l’usage de la cédille.

Tranches de citron

En français, la cédille ne peut se placer que sous le c, jamais sous une autre lettre. Elle a pour effet d’en changer la prononciation.

C devant une consonne autre que h

Devant une consonne, le c se prononce [k].

Exemple : Cléopâtre était la reine d’Égypte.

C devant un h

Associé à la lettre h, le c forme le phonème [ ʃ ], comme dans chat.

Exemple : Le château de Versailles est somptueux.

C devant e, i, y

Devant les voyelles e, i et y, le c se prononce toujours [s]. Il n’y a jamais de cédille sous le c lorsqu’il se trouve devant e, i ou y.

Exemple : Ceci est très inquiétant : on pourrait croire qu’ici chacun sait de quoi on parle.

C devant a, o, u

Devant les voyelles a, o et u, le c se prononce toujours [k].

Exemple : Le cas du colibri est culturellement intéressant.

Lorsqu’on souhaite obtenir le son [s] avec un c placé devant a, o ou u, on lui ajoute une cédille.

Exemple : Ce garçon commença à apprendre sa leçon. Il était temps !

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Lettre à mon neveu

Genre épistolaire

Copyright Marjolaine Pauchet

27 février 2022

Logo paix

Lettre à mon neveu

 

Mon neveu. Tu as 8 ans. Assez grand, déjà, pour comprendre un peu, trop petit encore pour comprendre tout.

Mon neveu. Quand j’avais ton âge, j’ai reproché tant et tant à la génération de mes parents. Le monde était gris, il était sale, elle n’entendait pas les animaux pleurer, elle détournait les yeux des espèces qui disparaissaient. Ce monde où les enfants esclaves se comptaient par millions, où de ceux qui ont faim, qui ont mal, on faisait des expo pour parler du bien.

Dans ce monde aussi, mon neveu, on choyait l’Europe comme un rempart à la guerre, construite de haute envolée pour ne plus voir le sang couler. Dans ce monde où la disparition annoncée des loups, ces majestueux trésors que l’Histoire a tenté maintes fois de nous voler, ne bouleversait personne, cette génération-là essayait de nous apprendre que tout était bien, que le pire était derrière nous, qu’il n’y avait que cinq continents (sans doute que plus, cela ferait désordre), que l’Histoire nous servait de leçon. Une espèce de marché de dupes dans lequel nous n’étions pas si dupes que cela. Nous avions cru que lorsque ce monde serait nôtre, nous ferions mieux, mon neveu. Mieux que ce monde en gris qui saignait, qui criait et que tant ne voulaient pas écouter. Nous avions cru que nous ferions mieux que ce monde en gris, mon neveu.

Et pourtant, mon neveu, nous avons grandi dans un monde où l’Europe était un rempart à la guerre, où sa construction donnait lieu à des fêtes dans les cours d’écoles, où, par peur d’être montrés du doigt, les plus aisés de la haute sphère des grandes capitales se mobilisaient pour venir en aide, là à l’affamé de Somalie, là au réfugié du Darfour. Nous avons grandi dans un monde où la peur des attentats terroristes n’existait pas, où on n’apprenait pas aux enfants à se cacher sous la table ou dans un placard en cas d’attaque.

Je te demande pardon, mon neveu. Je pensais que ce monde en gris dans lequel j’ai grandi et tes parents aussi était le plus terrible. Je ne pensais pas, non, je ne pensais vraiment pas être de la génération qui ferait pire, un monde en noir. Un monde où les masses se dressent contre l’Europe, où elle n’est plus ce rempart protecteur contre ce goût immodéré du sang. Un monde où les plus aisés de la haute sphère des grandes capitales montrent du doigt ceux qui ont tout perdu, ceux qui ont faim, ceux qui ont peur.

Je te demande pardon, mon neveu, d’être de la génération qui a fait pire.

Mon neveu, de quelle génération seras-tu ? Dis-moi que tu seras d’une génération bleue. Dis-moi que tu seras d’une génération verte. Et puis tu sais, ces deux couleurs sont si proches qu’il existe des langues où il n’y a qu’un mot pour désigner les deux. Mon neveu, si tu savais, l’humanité peut être si riche parfois ! Mon neveu, s’il te plaît, dis-moi que tu seras d’une génération bleue, dis-moi que tu seras d’une génération verte. Parce que tu sais, mon neveu, le monde ne tolèrera plus d’autres écarts. Mon neveu, je ne savais pas que je serai de la génération noire, je t’en demande pardon de te faire ce monde-là, mais je sais qu’il ne tendra plus la main. Si notre génération ne met pas le point final à ce monde et que vous ne faites pas une génération bleue, une génération verte alors, mon neveu, ce monde mettra le point final à l’humanité.

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Ah, février…

Bonjour à tous et à toutes. Février n’a en rien ressemblé à janvier. Et c’est bien dommage !…

nuages sur la mer

Premier point, comme la plupart des entreprises à qui j’avais envoyé une facture en janvier l’avaient payée (et ce n’est pas si courant) au plus tôt, cela m’a permis de faire un beau bénéfice et de me verser 300 € de salaire pour le premier mois de l’année. Pour la première fois. Cependant, cela a signifié aussi que j’ai eu peu de rentrées de fonds en février… Car en février, les vacances scolaires ont impliquées moins de visites dans les écoles. Par ailleurs, mes autres débiteurs, en l’occurrence les libraires chez lesquels je suis allée en dédicace ont cette fois-ci respecté les délais habituels (environ un mois) et je n’ai donc pas encore été réglée. Conséquence, des finances en berne, ce qui ne facilite pas les choses…

Et puis, je n’ai toujours pas mes deux manuscrits de romans à éditer. Cela devient très urgent. Si je ne trouve pas très vite, ce sera trop tard pour cette année.

En attendant, de mon côté, je continue de recopier Guerre universelle, le tome 2 de ma série de romans d’anticipation. Pourquoi ai-je mis tome 2 en italique ? C’est que, comme vous le savez, j’ai du mal avec l’écriture du tome 1 et j’ai donc eu une nouvelle idée, renoncer pour de bon au tome 1 et introduire dans mon manuscrit de Guerre universelle des flash-back, des souvenirs de mes personnages du monde et de leur vie avant-guerre. Cela me permettrait d’avancer vers les tomes suivants et d’incorporer à Guerre universelle les infos dont le lecteur aura besoin pour comprendre le livre (et qui étaient censées se trouver dans le premier tome). Cette idée m’a l’air bonne et j’y réfléchis encore. Bien entendu, je vous tiendrai au courant.

J’avoue que recopier ce manuscrit sur l’ordinateur est un peu dur pour moi ces jours-ci avec ce qu’il se passe en Ukraine. Difficile d’écrire une fiction de guerre quand la vraie est à nos portes, à quelques jours de voiture à peine… Mais ce que j’ai écrit reste une fiction et j’essaie de prendre du recul avec ça.

Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de revoir à la baisse mes programmes de sorties de livres pour les prochaines années. J’avais prévu huit sorties pour 2023, neuf pour 2024, dix pour 2025 et dix pour 2026. À présent, j’en prévois sept pour chacune de ces années. Nous verrons. Cette réduction des sorties devrait me permettre, je l’espère, d’augmenter mon salaire, car comme vous le savez, celui-ci ne me fait toujours pas vivre.

Dur dur d’être éditrice…

Je n’oublie pas non plus de vous rappeler que Ombres et lumières en poésie, petit recueil de Karima Manaa sort le 12 mars et que Anna et le jardin de Mme Suzanne sort le 12 avril. D’ailleurs, Ombres et lumières en poésie est déjà disponible à la précommande sur le site de la maison d’édition.

Couverture de Ombres et lumières en poésie

Anna et le jardin de Mme Suzanne

Que des belles choses en perspective…

Encore deux nouvelles à vous annoncer, une bonne et une mauvaise. Je commence par la mauvaise histoire de terminer sur une bonne note : finalement, je ne pourrai pas être présente aux Imaginales cette année. Encore. Le prix du stand que je connaissais et qui est déjà exorbitant était… hors taxe. TTC, cela n’est tout simplement pas possible pour moi !

La bonne nouvelle enfin, samedi 26 février, lors de ma dédicace, j’ai fait la rencontre d’une dame très sympathique qui organise des salons. Non pas des salons du livre (hélas !), mais des salons du bien être et des artisans dans le Grand Est. Selon elle, ma petite entreprise aurait sa place dans ce type de salons. Personnellement, je ne suis pas convaincue, mais je demande à voir et je lui ai répondu que je pouvais en tester un. Elle m’a parlé de deux d’entre eux qui auraient lieu pas trop loin de chez moi cet été. Elle m’enverra les fiches d’inscription en temps voulu… 😉

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